Flore

Flore

L’île-continent de Madagascar est divisée en au moins cinq grandes zones climatiques. Chaque zone climatique correspond à un type particulier de végétation. Avec une richesse d’environ 13 000 espèces, la grande île se révèle être un paradis végétal recelant d’inépuisables trésors. On découvre chaque année de nouvelles espèces. À titre de comparaison, on trouve environ 1500 espèces végétales en Allemagne. Parmi les 210 familles végétales, 5 de celles-ci sont endémiques à Madagascar. Il s’agit des Asteropeiaceae, des Barbeuiaceae, des Pysenaceae, des Sarcolaenaceae et des Sphärosepalaceae.

Les familles des orchidées avec plus de 1000 espèces, des caféiers avec environ 400 espèces et des graminées avec environ 300 espèces sont particulièrement riches en espèces. Le monde des plantes succulentes de Madagascar est toujours intéressant. Les six espèces endémiques de baobab, les kalanchoes, les pachypodiums, les aloès de Madagascar et les euphorbiacées prospèrent surtout dans les régions sèches des Hautes-Terres, au sud et dans la partie sèche du nord de Madagascar.

Baobob et autres arbres

Le baobab et autres arbres de Madagascar

Le développement indépendant de la  flore et de la faune à Madagascar résulte de la séparation de Madagascar du continent primordial Gondwana, il y a environ 150 millions d’années. C’est pourquoi la flore de Madagascar comprend tant d’espèces endémiques. C’est ainsi que plus de 75% des espèces végétales poussant à Madagascar ne se trouvent qu’ici. L’un des arbres les plus fascinants de l’île est le baobab. Dans le langage indigène, baobab signifie « Reniala », ce qui signifie « mère de la forêt ». Cette désignation n’est pas seulement une référence à la taille de l’arbre mais également à son âge. Un baobab peut atteindre mille ans et nombre de scientifiques disent même plusieurs milliers d’années. Il y a dans le monde entier huit espèces de baobab.

Le baobab est une espèce végétale du genre des Adansonias de la sous-famille des Bombacoideaes. Dans la nouvelle nomenclature, le baobab fait toutefois partie des Malvaceae. Les baobabs sont des « plantes succulentes à tronc », c’est-à-dire qu’elles stockent l’eau dans leur tronc. Elles ne produisent pas de bois solide, étant donné que leur tronc est très fibreux en raison du stockage de l’eau. La circonférence d’un baobab peut atteindre jusqu’à 30 m et son diamètre jusqu’à 9 m. C’est ainsi que, par exemple, les baobabs des environs d’Andavadoaka sont connus pour leur tronc épais. Les baobabs ne portent des feuilles que durant une période assez courte afin de limiter la perte d‘eau. Durant la période sèche, les arbres perdent alors leurs feuilles.

L’un des paysages les plus photographiés à Madagascar est sans l’ombre d’un doute l’allée des baobabs. Elle se trouve au nord de la ville de Morondava. L’on y rencontre l’espèce endémique Adansonia grandidieri. À Toliary et dans les environs, trois espèces sont indigènes (Adansonia rubrostipa, Adansonia za, Adansonia madagascariensis) et à Mahajanga, on ne trouve que l’espèce Adansonia digitata. Typiques du nord sont les deux espèces Adansonia suarezensis, Adansonia perrieri.  Tandis que « les racines du ciel », une autre désignation du baobab, ont conquis les parties sèches au nord, au sud et à l’ouest du pays, l’arbre des voyageurs, par contre, prédomine dans les Hautes-Terres et dans la région pluvieuse de Madagascar.

Les ravinalas (Ravenala madagascariensis) ou « feuille de la forêt » sont une espèce originaire de Madagascar. De nos jours, elle est toutefois plantée dans toutes les régions tropicales et subtropicales comme arbre décoratif. Elle fut erronément classée parmi les musacées (bananiers) à cause de la ressemblance de ses feuilles. Souvent, elle est aussi faussement nommée palmier. L’arbre des voyageurs fait cependant partie des Strelitziacées. On peut l’utiliser de diverses manières. Les parois des huttes sont construites avec les solides pétioles et, avec les feuilles, on couvre les toits. De l’eau est stockée dans le creux du pédoncule et la grande feuille peut être utilisée en tant que parapluie. C’est pourquoi on appelle les ravinalas également « arbre des voyageurs ».

Les palmiers de Madagascar sont caractérisés par un taux élevé d‘endémisme. Parmi les environ 120 espèces de palmiers enregistrés, plus de 80% d’entre eux sont endémiques. Les espèces les plus connues sont : Dypsis acuminum, Dypsis baronii, Dypsis occidentalis, Dypsis onilahensis, Dypsis lokohoensis, Dypsis perrieri, Dypsis decaryi, Dypsis lutescens, Dypsis bonsai et Dypsis pumila. Chaque zone végétale à Madagascar abrite ses propres sortes de palmiers. L’ouest sec est l’habitat du Bismarckia nobilis qui a été nommé d’après le chancelier prussien Otto von Bismarck. Avec ses larges feuilles, cette espèce fait partie des coruphoideae. La zone climatique de transition à proximité du parc national d’Andohaela est le territoire du palmier triangle (Dypsis decaryi) qui y est endémique. Le parc national Marojejy au nord de Madagascar est connu pour le palmier nain (Marojejya insignis) qui y est endémique

Parmi les bois précieux de Madagascar, on compte environ 40 espèces de palissandres, dont une seule peut être qualifiée d’endémique. Les palissandres sont classés dans le genre Dalberia. Leur utilisation est soumise à une réglementation sévère. C’est ce que l’on essaye, par des compagnes d’explication sur la protection de l’environnement, de faire comprendre à la population indigène qui utilise en partie le bois de palissandre pour cuisiner. L’exportation de bois précieux est légalement interdite et la loi européenne soutient cette mesure. Le commerce illégal de bois précieux est malheureusement toujours pratiqué.

Plantes médicinales

Plantes médicinales

La flore de Madagascar est riche en plantes médicinales. Le Katrafay (Cedrelopsis grevei), appartenant aux Rutaceae, mérite d’être mentionné. Cet arbre pousse à une hauteur de 12 à 15 m et peut être trouvé dans les zones sèches du Sud et du Sud-Ouest de Madagascar. L’écorce est utilisée pour faire un thé qui est utilisé pour éviter la fatigue. Les feuilles, on obtient des essences qui ont un effet rafraîchissant dans les lotions de douche. Les effets positifs sur la libido et la puissance sont accrédités à la fois les feuilles et l’écorce. Le bois blanc du Katrafay est utilisé dans l’industrie du meuble moderne.

Les pervenches de Madagascar appartiennent à ces plantes qui fleurissent presque toute l’année. La pulation locale utilisent les qualités pharmaceutiques de cette plante. Ils sont utilisés pour combattre le diabète et l’hypertension artérielle. Généralement, le feuillage malgache est très adaptable, donc les espèces sont répandues. Dans la région sèche, l’espèce Catharantus roseus est cultivée et exportée pour l’industrie pharmaceutique européenne. Vinblastin et Vincristin, deux alcaloïdes extraits de cette plante, sont utilisés dans la thérapie du cancer.

Orchidées

Les orchidées à Madagascar

Outre les graminées et les caféiers, les orchidées, avec environ un millier d’espèces classifiées, font partie de la grande famille végétale de Madagascar. Environ 90% des espèces d’orchidées sont endémiques. Chaque zone de végétation abrite ses propres espèces qui peuvent varier quant à leur teinte, leur taille et leur mode de vie. Afin de vous exposez cette diversité, nous vous offrons ci-après un voyage virtuel vers les plus belles orchidées de Madagascar. Laissez-vous captiver par le charme de l’hanitriniala « parfum de la forêt ».  Parmi les espèces d‘orchidées aux somptueuses floraisons, on peut citer « l’étoile de Madagascar » qui est endémique et qui pousse surtout dans les forêts côtières sur sol sablonneux tant en terrestre qu’en épiphyte.

Son nom scientifique est Angraecum sesquipedale. Le mot sesquipedale signifie 1,5 pieds, ce qui se rapporte à son long éperon allant jusqu’à 45 cm. À l’époque de Darwin, on n’avait pas encore connaissance du processus de pollinisation de cette espèce d’orchidée. Les contemporains doutaient de sa théorie d’un sphyngidé dont la trompe ferait au moins 30 cm de long. Après la mort de Darwin, on a toutefois découvert le sphyngidé : Xanthopan morgani praedicta. Lors de la floraison de juin à novembre, les floraisons d’un blanc pur répandent un doux parfum à la tombée de la nuit.  Angraecum sesquipedale croît souvent dans la même région qu’un autre habitant des forêts sablonneuses côtières, Angraecum eburneum ; il reste relativement fidèle à son habitat, c’est pourquoi il est fortement touché par la destruction de la forêt.

Parmi les orchidées poussant sur le sol, on compte les genres Disperis, Calanthe et Cynorkis. Le genre Disperis comprend des orchidées délicates poussant au sol, qui n’atteignent que 15 cm à 30 cm. Il y a environ 22 espèces de ce genre à Madagascar. Disperis signifie textuellement « deux poches », ce qui se rapporte aux deux feuilles opposées. La couleur de la floraison varie du blanc au rose et eau violet. L’aire de répartition du genre Disperis s’étend d’Ambositra et Andringitra jusqu’à Sambirano en passant par les monts de Tsaratanana. Les espèces les plus courantes sont : Disperis trilineata, Disperis similis, Disperis tripetaloïdes, Disperis erucifera et Disperis hildebrantii. On trouve l’espèce Disperis similis dans la région du plateau central, tandis que Disperis trilineata est plutôt indigène dans le nord et dans la région de Sambirano. L’espèce Disperis tripetaloïdes croît dans la région de Bemaraha et Taolagnaro.

De nombreuses orchidées sont spécialisées sur leur plante hôte. Dans la région pluvieuse de Maroantsetra, la Vohinitra utilis, l’orchidée Eulophiella elisabethae, croît sur le palmier et, dans la forêt côtière  du palmarium à Akanin’ny Nofy, l’espèce Cymbidiella humbloti pousse dans les gaines du palmier Raphia ruffia. On l’appelle « l’orchidée noire » à cause de ses belles floraisons noires décoratives. On n’a pas pu déterminer si cette union des deux plantes représente une symbiose ou si ces orchidées pourraient subsister sans leurs plantes hôtes.

Les plantes succulentes

Les plantes succulentes

Les pachypodiums à Madagascar

Les pachypodiums font partie des Apocynaceae. Le mot pachypodium est une composition des mots pachy, qui signifie « gros » et podium, qui signifie « pied ». Les pachypodiums sont donc des plantes à gros pieds. Outre les baobabs et les moringas, les pachypodiums  sont les représentants les plus fréquents des plantes succulentes à tronc. On peut trouver Pachypodium lamerei comme plante en pot en Europe. Pachypodium rutenbergianum a été décrit pour la première fois au  19è siècle par le botaniste allemand Rutenberg. Tandis que les espèces africaines ne produisent que des floraisons purement blanches et blanc-rouge, les espèces malgaches présentent une palette essentiellement plus large de coloris. Les couleurs de la floraison sont différentes selon la région. Les espèces à floraison blanche se trouvent dans les régions occidentales de Madagascar.

Les aloès à Madagascar

Avec environ 300 espèces, les aloès sont répandus sur l’ensemble du continent africain, à l’exception du Sahara et de l’Afrique du nord. Madagascar  accueille environ 60 espèces d’aloès. Une autre espèce d’aloès poussent aux Comores. À Madagascar, ils se répartissent sur trois territoires. Les plus petits, formant des rosettes et dépourvus de troncs, poussent dans le territoire central. Ce groupe est représenté par Aloe capitata, Aloe itremonsis et Aloe contingua. L’espèce Aloe suarezensis que l’on trouve au nord à proximité de Windsor Castle et de la Montagne des Français atteint une taille moyenne.  Le troisième groupe, en forme d’arbre ou de buisson, croît dans les forêts à buissons des paysages d’Androy. Ces espèces qui forment un tronc ressortent très manifestement des buissons à ronces et de la forêt de Didieracées.

Les kalanchoes à Madagascar

Ils font partie du groupe des plantes succulentes à feuilles. L’eau est accumulée et stockée dans leurs feuilles charnues à la saison des pluies. Les espèces de kalanchoes sont caractérisées par leur forme de reproduction végétative. Leur représentant le plus grand est Chalanchoe beharensis, qui est endémique. Il peut atteindre jusqu’à trois mètres de hauteur. En raison de la forme de sa grosse feuille, on appelle cette espèce « chapeau de Napoléon ».

Les Didieracées à Madagascar

Cette famille a été décrite pour la première fois par le botaniste français Alfred Grandidier. Avant la découverte d’un genre similaire sur le continent africain, l’ensemble de cette famille, avec quatre genres et 11 espèces, a longtemps passé pour être endémique à Madagascar. Les paysages d’Androy dans le sud est l’habitat exclusif pour cette plante fascinante et unique en son genre. Une excursion nocturne dans la forêt de didieracées de la réserve naturelle privée de Berenty compte assurément parmi les événements les plus marquants d’un voyage à Madagascar.

Les euphorbiacées à Madagascar

Le nom des euphorbiacées se rapporte au médecin attitré du roi Juba de Mauritanie (50 avant J.-C.), Euphorbos. Les euphorbiacées  de Madagascar se différencient des espèces africaines par l’absence de représentant  avec tronc. Pour économiser l‘eau, les euphorbiacées de la partie méridionale de Madagascar n’ont que des petites feuilles. Les représentants de ce genre sont : Euphorbia leucadendron, Euphorbia laro, Euphorbia oncoclada et Euphorbia stenoclada.